Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

poésie - Page 2

  • Mer en poésie, encore... "Odeur Marine" de Roger Devigne

    ODEUR MARINE

    Roger Devigne

     

    J'ai dans l'âme une odeur marine

     

    Odeur de large, odeur de plage, odeur de ports,

    De vieux ports goudronneux et saurs où la marée

    Délaye lentement l'ombre des grands navires.....

     

    Odeur des goémons aux capsules dorées,

    Chevelures d'ambre, algues que je sens encor

    Glisser, vivantes, sur ma bouche et ma mémoire ;

     

    Coquillages gravés au long des promontoires,

    Beau souvenir qui sent la mer et le soleil,

    Les grands chemins marins et les syrtes profondes ;

    Ô les chemins qui ne sont pas toujours parils

    Et qui s'en vont vers l'autre bout du monde !

     

    J'ai, dans l'âme, une odeur marine.

     

    Je porte au fond de moi cette odeur de la mer,

    Cette odeur de ciel libre et d'eau sur les falaises,

    Comme un sachet, comme un secret magique et cher...

     

    Je porte au fond de moi cette odeur de la mer

    Comme le souvenir des pays et des rêves

    Pour lesquels mon destin n'appareillera plus.

     

    Mon destin, à jamais banal et révolu,

    - Ah! l'amarre d'un seul bateau qui tire et vire

    Au long du quai désert, sur son anneau de fer ! -

    J'ai dans l'âme une odeur marin.

    Pêcheurs aux masques salés et vous, filles

    Aux seins pointus et durs sous le caraco bleu,

    Mousses qui sommeillez sur le rebord du môle,

    Vieux à pipes tassés sous un mur écailleux

    Destin contre destin, épaule contre épaule,

    Ô voyageurs qui pouvez voir toutes les mers !

    Et vous, barques, avec vos mats et vos cordages,

    Qui découpent en carrés d'or

    Le ciel, le ciel cruel et divin des voyages,

    M'attendez-vous? et dans quel port ?

     

    Et quelle voile, pour moi seul enfin tendue,

    Emportera vers l'aventure et vers la mer

    Mon âme à tout jamais contumax et perdue...

     

  • Mer en poésie, toujours... "Souvenir" d'Alphonse de Lamartine

    Souvenir

    A la princesse d'Orange

    Alphonse de Lamartine

    Il creusait dans la mer son sillage d'écume,

    Le navire grondant qui respire le feu ;

    Nous suivions cette côte où le Vésuve fume :

    Les cyprès étaient noirs, l'eau verte, le ciel bleu.

     

    Une vague enjouée, en poursuivant la poupe,

    Des perles de la mer aspergeait le bateau,

    Comme le buis bénit qu'on trempe dans la coupe

    Sur le front des passants jette le sel et l'eau.

     

    La nuit d'été, semblable à l'éternelle aurore,

    Nous regardait d'en haut avec ses milliers d'yeux ;

    Les étoiles, les fleurs que minuit fait éclore,

    Naissaient sous notre doigt dans les jardins des cieux.

     

    Le vaste pont roulait, charmant berceau de femmes ;

    On voyait pour dormir leur front se renverser,

    Quand, sous leurs coudes blancs, le lit des grandes lames

    S'enflait et se creusait, comme pour les bercer.

     

    Le vent sonore et chaud qui soufflait des rivages,

    Invisible contact de l'invisible amant,

    Ecartait les cheveux de ces pâles visages,

    Que la lune baisait du haut du firmament.

     

    Les uns retenaient leurs muettes haleines ;

    Les autres, par des chants, cherchaient à s'assoupir ;

    Les plus jeunes pleuraient d'ivresse, urnes trop pleines

    Où la tendresse écume et déborde en soupir.

     

    Parmi ce blond essaim de figures pensives,

    Mes yeux en suivaient une, accoudée à l'écart,

    Dont le front se marbriait de pâleurs fugitives,

    Qui sondait plus d'espace et d'éther d'un regard.

     

    L'extase contenue abaissait ses paupières

    Sur ses yeux inondés de sa félicité ;

    Ses lèvres semblaient dire au Dieu de ses prières :

    "Ah! fais-moi de cette heure une immortalité!"

     

    Et moi, ce qui gravait ces nuits dans ma mémoire,

    Ce n'était pas l'odeur de vent de ces climats.

    Les astres, les cyprès, les flots d'or et de moire,

    Les groupes de beautés jouant au pied des mâts ; 

     

    C'était ce front pensif, et ce regard sans flamme,

    Plus profond que l'abîme, hélas ! et plus amer,

    Et ce léger soupir qui soulevait une âme

    Pure comme le ciel, grande comme la mer!

  • Poursuite de la découverte de la Mer en Poésie - "Au bord du quai" Poème de Emile Verhaeren

    AU BORD DU QUAI

    (Extraits)

     

    "La mer! La mer !

     

    La mer tragique et incertaine,

    Où j'ai traîné toutes mes peines!

     

    Depuis des ans, elle m'est celle,

    Par qui je vis et je respire,

    Si bellement, qu'elle ensorcelle

    Toute mon âme, avec son rire

    Et sa colère est ses sanglots de flots ;

    Dîtes, pourrais-je un jour,

    En ce port calme, au fond d'un bourg.

    Quoique dispos et clair,

    Me passer d'elle?

     

    La mer! la mer!

     

    Elle est le rêve et le frisson

    Dont j'ai senti vivre mon front.

    Elle est l'orgueil qui fit ma tête

    Ferme et haute, dans la tempête.

    Ma peau, mes mains et mes cheveux

    Sentent la mer

    Et sa couleur est dans mes yeux ;

    Et c'est le flux et le jusant

    Qui sont le rythme de mon sang."

     

     

  • Poésie- Mer et amour - Texte de Pierre de Marbeuf

    "Et le mer et l'amour ont l'amour pour partage,

    Et la mer est amère, et l'amour est amer,

    L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,

    Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.

     

    Celui qui craint les eaux qu'il demeure au rivage,

    Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,

    Qu'il ne laisse pas à l'amour s'enflammer,

    Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

     

    La mère de l'amour eut la mer pour berceau,

    Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau,

    Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

     

    Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,

    Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,

    Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes."

  • Envie de poésie... spéciale dédicace à la Bretagne

    ... je ne me prétends pas poète, c'est venu tout seul. Je ne sais pas si c'est bien ou pas, mais chaque phrase fait référence à un moment vécu.... même s'ils en manquent beaucoup. Juste une réponse à une envie... de poésie.

    Lire la suite